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16.05.2007
Actualité
« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.
« Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…
« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »
Alexis de Tocqueville
Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840 (10/18, 1963).
10:42 Publié dans questions existentielles | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
06.05.2007
aujourd'hui est un autre jour...
En France, une grande partie des individus (53 % exactement) demandent à recevoir des coups de pompes au cul !
Ils vont être servis, c'est déjà ça.
Finalement, j'avoue que je suis assez soulagée pour Ségolène Royal. Car je pense que si elle avait été élue, son chemin à venir aurait été un enfer. Elle n'aurait pas eu droit à l'erreur ni au moindre faux pas. Les siens (jaloux et mécontents pour la plupart) auraient été ravis de la démolir, de la trahir et de la désavouer en cas de problème. on l'aurait attendue à tous les tournants, on l'aurait emmerdée et persécutée parce qu'elle est une femme (ne nous leurrons pas). Qui sait si le jeu en aurait vraiment valu la chandelle et si la gauche n'y aurait pas laissé ses dernières plumes ?
23:45 Publié dans j'ai la rate démontée | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
03.05.2007
Reflexion perso.
Un discours simple et mensonger, pourvu qu'on le répète avec suffisamment de conviction, l'emporte souvent sur une vérité compliquée.
20:20 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


