09.07.2007

délicatesse professionnelle

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer une partie de la lettre que j'ai reçue après avoir passé un entretien d'embauche : "Malgré votre brillant exposé et vos compétences indiscutables, nous sommes au regret de vous annoncer que vous n'avez pas été retenue pour le poste". Quand on sait que l'annonce de recrutement spécifiait : "diplomes et expérience exigée" et que la personne qui a été recrutée n'a, en définitive, ni les diplomes ni l'expérience, on s'interroge...

Explication : ce qui a coincé dans l'entretien, je le sais bien moi. J'ai juste fait passer gentiment (très délicatement mais très fermement) le message comme quoi, je ne serai pas corvéable à merci et que pour le travail de merde exécutable par un non diplomé, non expérimenté, faudrait pas compter sur moi !

Moralité : de nos jours, si tu veux vraiment le boulot... Faut se coucher devant le patron et remuer la queue.
Bac + 6 + expériences signifie : "t'auras le boulot si tu acceptes de faire le café, de faire les photocopies, si tu réponds quand on te siffle et si tu fais des heures sup. sans discuter.

Merci qui ???

 

16.05.2007

Actualité

« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.

« Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)

« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…

« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »

Alexis de Tocqueville

Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840 (10/18, 1963).

26.04.2007

Iznogoud

Que de commentaires alors qu'il suffirait juste de suivre notre instinct après l'avoir regardé et écouté attentivement :

De sa bouche coule du miel, mais son sourire ment.
Ses yeux lancent des éclats de colère et de fureur !

 

 

01.09.2006

L'Education

En ces temps de rentrée...

J'ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l'éducation de l'enfant. Je pense qu'il faudrait des études de base, très simples, où l'enfant apprendrait qu'il existe au sein de l'univers, sur une planête dont il devra plus tard ménager les ressources, qu'il dépend de l'air, de l'eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire. Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n'ont jamais fait que produire d'autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil. On lui apprendrait assez du passé pour qu'il se sente relié aux hommes qui l'ont précédé, pour qu'il les admire là où ils méritent de l'être, sans s'en faire des idoles. On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts. On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible [...] En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celles du pays où il se trouve pour éveiller en lui le respect et détruire d'avance certains odieux préjugés. On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile et à ne pas se laisser prendre à l'imposture publicitaire, en commençant par celle qui vante des friandises plus ou moins frelâtées, en lui préparant des caries et diabètes futurs. Il y a certainement moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu'on ne le fait.

Marguerite Yourcenar
(Les Yeux Ouverts : entretiens avec Matthieu Galley, Centurion, 1980)

(Pour MarianneKipleur)

22.08.2006

méditation nocturne

L’homme n’est content de rien

  sauf de son intelligence ;

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Moins il en a,

plus il est content.

 

23.06.2006

To be or not to be ?

Mon blog prend une drôle de tournure, une tournure qui m’échappe un peu. Si je ne savais pas trop où j’allais au départ, maintenant, je ne le sais plus du tout.
Je rencontre des gens très différents : des poètes, des artistes, des philosophes, des amateurs, des écrivains, des vieux, des jeunes, des photographes, des profs, des doux, des violents... tout un petit monde riche d’idées, d’humour, de créativité que je contemple par la lunette de mon blog et de celui des autres. Entre eux et dans la vraie vie, ces gens ne se supporteraient pas une seconde mais ici ou ailleurs, ils ont des tas de choses à échanger.
Et moi, je m’attache mine de rien... et en même temps, il suffirait que je clique sur « supprimer ce blog » et vous n’existeriez plus, je n’existerais plus.
A part ça, nouvelle du jour (et véridique) :
Un de mes collègues  versé dans l'ésotérisme vient de me prédire que notre boite serait coulée d'ici deux ans... j'ai intérêt à réviser mes entretiens d'embauche chez Dame Cucurbi.

04.06.2006

Quel psychopathe êtes-vous ?

Je viens d'attérir sur un drôle de blog d'horreur et j'ai fait le test (j'avoue...) je voulais savoir quelle psychopathe je suis (car j'en suis FORCEMENT une, tous mes collègues le pensent.)

Voici le résultat :
Le braconneur : Vous préférez traquer méthodiquement vos victimes avant de les tuer. Vous ne connaissez pas vos victimes, mais elles vous rappellent quelqu’un de votre passé qui vous a blessé(e) ou maltraité(e).

Je dois dire que c'est vrai (en partie seulement) : je traque méthodiquement (exact) : je ne tue pas complètement (parce que j'ai quand même peur de finir en taule). Je connais mes victimes et elles ne me rappellent personne de mon passé. C'est vachement bien ce test.

Vous êtes prévenus !

Si ça vous intéresse, c'est ici.

Bisous... Spleen.

Qui êtes-vous ???

Dites-moi : combien de temps passez-vous sur votre blog ?
Moi, je suis scotchée à cet ordi à vous lire... je perds un temps fou, je vais me mettre en retard pour mon travail, bref, la cata ! Aussi, je crois que je vais faire un tout petit break (aujourd'hui) pour laver mes vitres, faire un calin à qui de droit, lire un bon bouquin et essayer de remplir ma feuille d'impots.
Mais je constate avec stupéfaction qu'il y a des gens très drôles sur cette planête blog ...  (et que c'est ça qui va créer ma perte vu que je vous lis...) et pis vous êtes sympas....  Bon y'en a quelques uns qui traversent une période difficile (ça aussi, j'en lis) mais dans l'ensemble je vous trouve quand même très marrants...

Mais bon sang de bon soir, où êtes vous dans cette putain de vraie vie ???? Les gens drôles et sympas comme vous,  y sont que sur le web ????