01.09.2006
L'Education
En ces temps de rentrée...
J'ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l'éducation de l'enfant. Je pense qu'il faudrait des études de base, très simples, où l'enfant apprendrait qu'il existe au sein de l'univers, sur une planête dont il devra plus tard ménager les ressources, qu'il dépend de l'air, de l'eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire. Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n'ont jamais fait que produire d'autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil. On lui apprendrait assez du passé pour qu'il se sente relié aux hommes qui l'ont précédé, pour qu'il les admire là où ils méritent de l'être, sans s'en faire des idoles. On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts. On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible [...] En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celles du pays où il se trouve pour éveiller en lui le respect et détruire d'avance certains odieux préjugés. On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile et à ne pas se laisser prendre à l'imposture publicitaire, en commençant par celle qui vante des friandises plus ou moins frelâtées, en lui préparant des caries et diabètes futurs. Il y a certainement moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu'on ne le fait.
Marguerite Yourcenar
(Les Yeux Ouverts : entretiens avec Matthieu Galley, Centurion, 1980)
(Pour MarianneKipleur)
14:00 Publié dans questions existentielles | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, *de tout et de rien*, education, enseignement
30.08.2006
Intermède
Définition du mot « fascisme » hors contexte politique : "attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu'un à un groupe quelconque, à son entourage." Mais qui donc se promène sur nos blogs en ayant cette attitude ? Ne serait-ce pas celui qui m’en accuse avec tant de candeur et de transparence psychologique ?
Je suppose que « mon fascisme » (celui que l’on m’accuse de pratiquer) consiste à supprimer quelques com’s lorsque ceux-ci ne conviennent pas à l’esprit que je désire entretenir sur ce blog. Alors, effectivement : je ne supporte pas la méchanceté gratuite, la bêtise et tout ce qui va avec... je ne suis pas navrée pour les deux seuls exclus de mon blog. La censure que j’impose en cet endroit réserve l’espace à l’humour, aux rires, à l'extravagance, au burlesque, au déraisonnable, à la gentillesse, au bon esprit, à la bonne humeur, aux idées saines et... aux professeurs !!!
13:50 Publié dans Le Cas Dominique | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note | Tags : *de tout et de rien*, journal intime
29.08.2006
Quel beau métier professeur !
Avant de reprendre le boulot j’ai fait un peu de rangement et je suis retombée sur mes bulletins non pas de salaires mais de notes (beaucoup moins gratifiants !) de mes années scolaires. Je les avais oubliés (on oublie très facilement les choses humiliantes). La plus subtile appréciation étant encore celle de ce prof de maths : « Figurante (muette ?) » Et alors ! combien de profs seraient aujourd’hui très heureux d’avoir des figurants muets dans certaines classes...
J’avais la manie de conserver tout ce qui émanait d’une institution quelle qu’elle soit... J’ai tout gardé y compris le premier bout de papier sur lequel fut fixé pour l’éternité mon numéro de sécurité sociale « que je devais garder jusqu’à ma mort », papier qui me fut précieusement et confidentiellement confiée je ne sais plus trop quelle année. Cette manie de garder les vestiges de ma scolarité s’étendait aux documents que je filtrais avant qu’ils n’atteignent la boîte aux lettres parentale et quand je lis certaines proses pieusement conservées dans mon secrétaire et dénonçant les agissement d’une Spleen faisant « brûler du papier d’Arménie en classe », perturbant systématiquement le cours de sport en détournant les activités de leur but premier car « jouant notamment à la pétanque avec les poids » (que n’aurais-je pas fait pour fiche le bazar ?) et cette autre me faisant injonction « d’assister à tous les cours » et me reprochant de « faire mes devoirs dans un cours pour le cours suivant »... je me dis que je leur en ai fait voir de toutes les couleurs à mes profs. J’imagine que si certains se rappellent encore de moi, ça ne doit pas être de l’ordre du souvenir impérissable ! Mais j’ai bien rigolé, j’en ai bavé, j’ai appris des choses (difficilement parce que je n’étais pas vraiment « scolaire » !) et je peux dire, contrairement à Josy : « les profs m’ont sauver ».
Aujourd’hui, ce sont les blogs des profs que je lis le plus attentivement et avec le plus de plaisir. Ils m’intéressent et je peux constater que c’est dur d’être prof ! Quand je le lis vos blogs, que j’entends les infos et que je vois les efforts prodigués par l’Etat pour vous faire disparaître corps et âmes (quelqu’un se rappelle-t-il de ce sinistre qui a proclamé il y quelques années dans les pages du Monde « Il y a dans l’enseignement une tendance archaïque. [...] Les jeunes n’en veulent plus ! » montrant ainsi que c’était aux « jeunes » auxquels il n’octroyait guère la possibilité d’être autre chose que des « jeunes » de décider de ce que leur enseignement devrait être ?), j’ai envie de vous dire au moins une chose pour cette nouvelle rentrée : Tenez bon ! Il y aura peut être un jour, derrière le regard bovin d’une adolescente qui vous agace, une flamme que vous aurez allumée et qui ne s’éteindra plus. Il y aura derrière ce visage buté et menaçant, un élève que vous sauverez peut être de la prison parce que vous aurez donné un sens à sa vie ; il y aura aussi cet autre qui ne se suicidera pas parce que vous avez eu le bon regard au bon moment et la parole juste...
Alors, n'oubliez pas, comme disait ce bon vieux Jean Jaurès :
« On n’enseigne pas seulement ce que l’on sait,
on enseigne ce que l’on est. »
10:00 Publié dans je vous cause pour le plaisir | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : reflexion, enseignement, professeurs, education, *de tout et de rien*, journal intime
23.08.2006
Musique
La musique est une révélation,
et c'est précisément en ceci que réside sa force victorieuse, qu'elle nous ouvre des domaines de beautés autrement inacessibles dont la révélation nous réconcilie non seulement passagèrement mais pour longtemps avec la vie.
Citation de Tchaikovsky
mise en images (cliquez !)
(Pour Geooorges)
22:30 Publié dans je vous cause pour le plaisir | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : art, musique, journal intime, *de tout et de rien*
24.07.2006
Le cas Dominique (1)
Je reprends d'une ex-blogueuse (que j'aimais bien !) la rubrique "Tête de vainqueur" pour un blogueur qui le mérite et dont je tiens à saluer toutes les qualités humaines : la gentillesse, la modestie, l'ouverture d'esprit et tant d'autres choses que nous découvrirons ensemble à travers les commentaires qu'il laisse chez les blogueurs...
Dominique aime son français
Lu chez Joye le 18.07.06 :
On parle de signets ou de favoris que l'on marque, pour ceux veulent parler en bon et vrai français [sic]. On n'écrit pas "postes" en bon et vrai français, mais billet, note, article. Joye prétend défendre la cause du français, aimer cette langue et veut donner des leçons aux francophones de naissance sur leur propre langue. (Écrit par Dominique).
Lu chez Joye le 19.07.06
la passion de Joye pour le français est factice : ce qu'elle aime, c'est l'image que lui procure le français face aux autres, mais elle déteste le français en lui-même. (Écrit par Dominique).
Lu chez Joye le 20.07.06
On ne dit pas downloader en bon et vrai français, mais télédécharger, télécharger ou charger, enregistrer. On n'écrit pas blogguer avec deux g en français puisque la présence du u donne déjà un g dur, les deux g appartiennent à l'orthographe anglaise. Cela n'a rien à faire en français. Spleen ferait aussi bien de s'acheter un dictionnaire avant d'écrire encore (et aussi un cerveau d'occasion, pas trop usagé) : verbe « lâcher » avec accent circonflexe. (Écrit par Dominique).
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22:00 Publié dans Le Cas Dominique | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : blogs, blogueurs, journal intime, *de tout et de rien*
17.07.2006
technique de la compréhension entre mal-comprenants
Je viens de découvrir l’importance du smiley... c’est ce qui permet de se comprendre entre ramollis du ciboulot entre personnes qui ne se connaissent pas ! En fait, moi je vous écris des trucs avec mon humour perso (très fin !) et je vous lance une vanne qui vous arrive dans la figure comme un pavé alors qu’il aurait suffi que je vous mette des petits symboles vous montrant précisément qu’à ce stade de mon histoire (ou de mon com’), attention, là, je rigole, hein ? Personne ne se vexe !
J’aime bien traiter des sujets (sérieux ou non) avec légèreté ainsi que l’inverse... du coup, j’ai des conversations métaphysiques monstrueuses avec les uns et les autres à cause de Superman. Je me découvre l’art de créer des ambiances de pétaudières dans mes com’s. (Mais j’adore rassurez-vous...) Et puis tout à coup, hop ! coup de sang, cette fois-ci je vais vous raconter des trucs vachement sérieux et là, ma licence de théologie réapparaît, ma connaissance intime du code civil et de l’annuaire mondain ainsi que l’influence de mes lectures profondes (Hegel, Kafka, Zweig, Sartre, Proust, Balzac...)... et là, Pascale me chante des chansons, Ed sort le mot qui tue, Chimène rapplique vite avec sa science et sa sagesse parce que ça dérape et que je ne contrôle plus rien et les autres se disent que là franchement, y’a de quoi se tirer une balle... purée pourvu que les autres rentrent de vacances.
Je vais donc étudier le smiley, sa philosophie et les mérites que l’on peut tirer de son usage. Je vous tiendrai au courant de mes progrès.
01:18 Publié dans j'ai la rate démontée | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : *de tout et de rien*, journal intime
14.07.2006
Monsieur Cinéma
Pour occuper les derniers qui n'ont que ça à faire plutôt que de travailler où d'aller se dorer au soleil, je vous propose un petit échange qui ne fâchera personne puisqu'il ne s'agit ni de politique, ni de foot, ni de religion...
En me proposant d'aller voir le Retour de Superman dont nous parle notre cinéphile , je me suis dit que quand même, j'avais beaucoup baissé cérébralement depuis ma jeunesse mais je dois dire que du même coup, je rigole beaucoup plus ! A 20 ans, j'avais vu tout Bunuel, tout Bergman (Cris et Chuchotements !), tout Antonioni bref, je n'aimais que les films moisis et géniaux. J'étais étudiante et j'étais quelqu'un de très triste et de très solitaire. A 30 ans, j'ai eu ma période films modernes (!), j'ai dû rire la première fois au ciné en voyant la Cage aux folles, j'ai découvert Rohmer (Contes des quatre saisons) et Leconte et je me suis encanaillée avec Godard que je trouvais aussi hermétique qu'intelligent... A 40 ans, j'ai découvert qu'il y avait des films terribles comme Terminator, Matrix, Jurassic Parc... Ceux que j'avais ratés, je les louais en DVD : bref, je suis devenue une décérébrée du cinéma... et je me suis passionnée pour les dinosaures, les robots et les effets spéciaux.
En me retournant sur mon passé, je me souviens DU FILM qui m'a provoqué un choc comme je n'en avais jamais reçu de toute ma vie (au cinéma !). Il s'agit de PANIQUE: un film de Julien Duvivier (1946). C'est l'histoire d'un homme, un original solitaire, qui est injustement accusé d'un meurtre et qui meurt à la fin lors de sa fuite pour échapper à une population prête à le lyncher. C'est un film que je n'ai jamais oublié parce qu'il décrit avec une précision chirurgicale le cauchemar de ce que peut être la haine condensée dans une meute : une foule se jetant sur le plus faible pour l'exterminer...
(Il paraît que Leconte en a fait un remake mais je ne l'ai pas vu).
Et vous, si vous deviez choisir LE film qui vous a le plus marqué, auquel penseriez-vous ?
11:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, journal intime, *de tout et de rien*
12.07.2006
les charmes californiens...
Aujourd'hui j'ai conversé deux heures avec une américaine venue discuter boulot avec moi (voui.... je sais que vous adoreriez tous que je vous dise quel genre de job je fais - surtout ceux qui ont suivi mes pirouettes professionnelles depuis le début - mais justement, ce ne serait plus drôle) et puis je vais vous faire un aveu, je laisse des pistes ici ou ailleurs... un jour ou l'autre quelqu'un devinera !
Bon, l'américaine, elle commençait toutes ses questions et toutes ses réponses par des euhôôôôô. Impossible d'écrire ce son : pour l'avoir, il faut avancer les lèvres en avant... puis revenir en arrière (les dents aussi) ; patates chaudes dans la bouche. Bref, au bout d'un moment et vu qu'on s'entendait bien dans un franglais artisanale fort sympathique, j'ai éclaté de rire au enième euhôôôôô et j'ai donc appris qu'elle venait de Californie et que c'est de là que venait cette interjection lancée toute les 3 secondes... Vous aviez remarqué ça vous chez les californiens ? (Pascale, dans les films en v.o. ?).
Bref le plus étonnant a quand même été une démonstration époustouflante en fin de discussion : cette fille s'est montrée capable d'imiter n'importe quel chant d'oiseau simplement en sifflant : mésange, rossignol, rouge-gorge, merle, cardinal (un oiseau de chez elle m'a-t-elle dit)...
tout y est passé. Incroyable, on s'y serait cru... J'ai été bluffée. Et bien vous voyez, ce sont de toutes petites choses comme ce genre de rencontres riches en surprises et en rigolades qui vous font dire que la vie, c'est quand même vachement bien...
le Cardinal (tout rouge... comme ceux qui sont au Vatican !)
18:15 Publié dans je vous cause pour le plaisir | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : *de tout et de rien*, journal intime
08.07.2006
Josette aime le foot
Ce matin, je fais mes courses chez Monoprix. J'avoue que j'aime bien Monoprix parce qu'ils ont en général des bons vins et un rayon gastronomique intéressant. Leurs fringues, je n'aime pas trop. Monoprix, c'est un peu bourgeois et un peu cher mais après tout... de temps en temps, ça ne fait pas de mal de se faire du bien. Je digresse, je digresse...
Donc, j'arrive à la caisse et je vois une vendeuse répondant au prénom de Josette. Elle porte le maillot de la coupe du monde et ses joues sont grimmées au drapeau français (top-maquillage !). Josette a l'âge de son prénom donc je lui demande comme ça - avec une vraie compassion - si c'est Monoprix qui demande qu'elle se déguise en clown footbalistique. Regard ulcéré ! Pas du tout ! Josette s'est habillée en Zidane et s'est peinturlurée la figure pour le plaisir.
Le foot me traumatise à bien des égards.
20:20 Publié dans j'ai la rate démontée | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, *de tout et de rien*
29.06.2006
11:11
Est-ce que ça vous fait ça aussi ?
Tous les matins, je lève les yeux vers l'une des nombreuses horloges que nous avons au boulot (je ne porte pas de montre car je les détraque) et je vois qu'il est 11 h 11.
ça me suit comme ça depuis des années et je me demande bien qu'est ce que ça peut vouloir dire. Je me demande si je ne mourrai pas un jour à 11h11... Voilà, c'est stupide mais pourquoi cette heure là me poursuit-elle tous les jours (travaillés) de ma vie ?
Chez moi, j'ai de bonnes vieilles pendules avec des aiguilles et elles ne m'emmerdent pas avec ce genre de chose : quand il est 11 h 11, je ne m'en aperçois pas...
13:50 Publié dans je vous cause pour le plaisir | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, *de tout et de rien*



